|
Le printemps du Liban contre l’axe usraélien
Jacqueline Amidi
03/06/2007

Beyrouth:
la manifestation du 1er décembre 2006, organisée par l’opposition
guidée par le général Michel Aoun et sayyed Hassan Nasrallah
Beyrouth, 31-5-2007 -
George Orwell écrit un jour: «En
ce temps de duperie universelle, dire la vérité est un acte
révolutionnaire».
Il suffit de parcourir les journaux – de gauche ou de droite, si on en
distingue encore la différence! – pour se rendre compte qu'il s'agit
sans vergogne de proxénétisme médiatique.
Et les télévisions?
Des lupanars qui turbinent sur le trottoir de la globalisation.
L'information est dictée par le «Grand
frère»
et partout on a droit désormais aux mêmes nouvelles, formulées avec
les mêmes termes et le même ton. Un tapage et un rabattage de
médiatisation totalitaire en somme, une vraie politique de terrorisme
qui constitue à proprement parler la désinformation.
Les sacro-saints journaux télévisés sont avalés, ruminés et digérés
sans scrupule! La masse s'engraisse en liesse des bassesses, mensonges
et vulgarités proférés par tous les mass média.
Tout semble bien aller vers le pire!
«Ça
va!»,
criait le diable victorieux dans la chanson de Jacques Brel.
(1)
Du
temps de la guerre froide,
les deux pôles USA-URSS se tenaient à distance, se scrutaient,
s'évitaient, se pointaient et se relâchaient. Et avant de se frotter,
ils prenaient bien la peine de raisonner, se mesurer, s'équilibrer et
se calmer. Car une guerre n'est pas un jeu d'enfant!
Mais depuis la chute de l'URSS, place libre à la dictature américaine:
on décide allègrement guerre par ci, extermination par là, destruction
et mort de n'importe quelle nation.
Depuis 1991 USA la faucheuse n'a plus retenu son appétit de larmes et
de sang.
Aujourd'hui la Russie s'éveille et se renouvelle, après la longue
léthargie qui suivit la chute du totalitarisme communiste.
Il était temps de reprendre quelques éléments d'équilibre, au niveau
de la politique internationale! Peut-être aurait-on enfin droit
prochainement à des temps plus humains et pacifiques.
Le contrepoids d'une Russie nouvelle au gangstérisme global
israélo-américain, et peut-être même un contrepoids chinois,
rééquilibreraient alors dans une certaine mesure les pouvoirs entres
les états et les forces géopolitiques. Il serait temps.
1.
La machine de l'agression et son grain de sable
Aujourd'hui la machine usraélienne de l'agression, de la destruction
et de la terreur est prête à être lancée à nouveau contre le Liban et
le Moyen-Orient.
Mais chaque machine, tôt ou tard, a son grain de sable pour la mettre
en panne.
Et grâce à Dieu, l'acte révolutionnaire de dire la vérité est encore
un vent qui enfièvre les esprits qui combattent la duperie
universelle.
Leur devise: le vrai, le bien et le beau. La passion pour la justice
est leur arme.
Le Liban est en train de vivre actuellement sa période la plus
périlleuse et décisive.
Le monde a décidé de le rabattre encore, ce vieux Cèdre, afin de lui
interdire toute possibilité de liberté et de renaissance.
Mais le voici pointer, le premier grain de sable (grand et fort, en
réalité, comme une montagne): la manifestation tant attendue et voulue
du peuple libanais, qui a commencé le vendredi 1er décembre 2006.
La majorité du peuple, guidée par le général Michel Aoun et sayyed
Hassan Nasrallah, décide alors de tenir les rênes des événements,
manifeste massivement depuis des mois son opposition et livre son
combat:
A. contre ceux qui veulent continuer dans la même politique de
corruption, de concessions et de trahison;
B. contre le gouvernement anticonstitutionnel de Fouad Siniora et ses
alliés, des filous qui ont fait du Liban leur propriété privée,
prenant le peuple en otage, troquant notre sort contre leurs louches
intérêts de vieux mafieux.
Le sit-in ne s'est pas arrêté d'un jour, depuis lors. Et ne doit pas
s'arrêter.
Qu'on chasse cette vieille carcasse décrépite de la malencontreuse
politique libanaise moisie et putréfiée! Et que l'ère de la justice et
de la légalité prenne l'envol!
Ce
premier décembre 2006,
on peut dire qu'il fut le début du véritable printemps libanais.
Printemps de l'unité libre et souveraine du Liban. Unité en marche
victorieuse depuis mars 1989, date du début de la «Guerre de
libération» conduite par le général Michel Aoun contre l'occupation
syrienne. Marche qui s'est poursuivie en juillet-août 2006, date de la
défense et de la victoire du Hezbollah et du Liban contre l'agression
israélienne. Marche qui se poursuit toujours, sous la conduite du
général Aoun et de sayyed Nasrallah.
2.
Qui est l'opposition?
Qui sont ceux qui manifestent contre le gouvernement?
Tout d'abord, le sit-in qui se déroule encore aujourd'hui dans les
deux places du centre de Beyrouth – Place Riad Solh et Place des
Martyrs – n'est pas exclusivement organisé par le Hezbollah, comme
disent les médias occidentaux.
Mais aussi:
A. par le Courant Patriotique Libre (CPL), parti du général Michel
Aoun;
B. par les Marada, maronites du Nord du Liban fidèles à la famille
Franjieh, représentée aujourd'hui par Sleimane Franjieh, petit fils de
l'ancien président de la République libanaise;
C. par les sunnites ayant à leur tête Omar Karameh, ancien premier
ministre et député, actuellement leader de Tripoli, et Oussama Saad,
député de Saïda;
D. par les druzes de l'émir Talal Arslan.
Que demandent-ils tous ces libanais, toute communauté confondue
(d'ailleurs tout le mouvement représente une entente purement
politique et n'a rien à faire avec des questions confessionnelles)?
Ils demandent la chute de ce gouvernement qui s'est approprié des
fonctions qui ne lui reviennent pas.
Ces collabos des ennemis usraéliens du Liban – qui se font appeler
anti-syriens et qui jusque hier encore miaulaient sous la botte
syrienne – ces serviteurs de plusieurs maîtres, ces marionnettes qui
représentent le régime actuel, sont une minorité qui s'accroche au
pouvoir sans tenir compte de la volonté électorale du peuple, et qui
veut absolument poursuivre dans son existence illégitime et
anticonstitutionnelle.
Les manifestants demandent donc la chute de ce gouvernement et la
formation d'un nouveau gouvernement d'unité nationale, qui devrait
promulguer une nouvelle loi électorale selon laquelle se dérouleraient
les élections législatives pour élire un nouveau parlement qui à son
tour élirait le nouveau président de la république.
C'est alors qu'on pourrait parler d'une vraie démocratie, et non de
celle, factice, qui nous est imposée, à la Bush.
3.
Qui est le général Michel Aoun?
Le
général Aoun est le seul homme politique libanais à avoir combattu
l'occupation syrienne du temps où il était à la tête de l'armée
libanaise, puis quand il était chef du gouvernement et enfin durant
son exil. Lui, le vainqueur de la prodigieuse et héroïque bataille de
Souk el Gharb en mars 1989 contre l'armée d'occupation syrienne. Lui,
l'âme du Liban rebelle durant la "Guerre
de Libération".
Quand à la fin du mandat présidentiel d'Amine Gémayel ce dernier lui
confia un gouverne-ment transitoire, le 22 novembre 1988 (fête de
l'indépendance libanaise), le général Aoun s'exprimait en ces termes:
«[...]
Libanais, Nous voulons recouvrer une patrie avant toute chose. Le
temps est révolu où l'on reculait devant l'annonce de ses convictions.
Elle est terminée cette politique du mensonge réciproque et de la
profanation des valeurs les plus sacrées. On nous a assez méprisés et
leurrés, et nous leur avons suffisamment emboîté le pas en nous
méprisant nous-mêmes, en négligeant nos intérêts et en nous désistant
de notre volonté
[...]».
«En
toute simplicité, sincérité et détermination, nous exigeons notre
droit. Nous voulons notre droit à une patrie entière
[...]».
«Notre
terre, notre peuple et notre dignité ne sont pas des marchandises à
vendre ou à hypothéquer dans un quelconque marché régional ou
international.
[...]
Nous
déclarons notre volonté d'investir toutes nos capacités et nos
relations fraternelles et amitiés internationales dans l'objectif de
la libération de notre patrie et de mettre un terme à l'humiliation de
notre peuple. Comme nous déclarons que nous résisterons politiquement,
économiquement et militairement à toute occupation et atteinte à notre
souveraineté sur notre territoire».
 
L'affiche qui annonce la signature du livre du général Aoun «Une
certaine vision du Liban»
Déjà
on devine de son discours
combien il devait déranger les ennemis du Liban, parce qu'il parlait
de libération et de résistance. Et le peuple s'enflamma, l'appuya,
l'adopta et lui fut fidèle.
Fidèle encore aujourd'hui.
Les convoque-t-il à une manifestation?
Une marée humaine accourt. Dès le début, à chaque discours adressé à
ce peuple qu'il aime plus que tout, il engage son allocution par
«Grand peuple du Liban!».
Et jusqu'aujourd'hui, chaque jour, il redit les mêmes vérités et
confirme ses programmes sans y avoir changé un iota, tandis que le
gang de traîtres minoritaires (qui se disent "majoritaires",
forts de la loi électorale imposée par les syriens et surtout
s'appuyant sur les tricheries électorales éhontées desquelles ils ont
quand même eu besoin pour pouvoir s'affirmer) changent de masque et
quémandent les trente deniers aux portes de toutes les ambassades des
pays complices des agresseurs du Liban.
Voici le discours du général Aoun
le vendredi 1er décembre 2006, journée de l'immense mouvement de
protestation organisé par l'opposition libanaise et soutenu par la
majorité du peuple libanais, plus déterminé que jamais:
«Grand
peuple du Liban!»
«En
ces moments historiques, je m'adresse à vous dans une atmosphère
pleine d'espoir et non d'appréhension, car nous avons la conscience
tranquille et nous cherchons à atteindre nos objectifs nationaux de
façon à garantir la sécurité, la souveraineté et l'indépendance de
notre patrie. Aujourd'hui, nous concrétisons ensemble les concepts
nationaux et éthiques qui ne sont plus des slogans creux mais une
réalité vécue dans chaque maison et dans tous les cœurs. Nous
consolidons aujourd'hui l'unité nationale qui est devenue un mode de
vie que nous choisissons pour l'avenir».
[...]
«Nous
avons suffisamment de détermination, de patience et de sagesse pour
chercher à obtenir le retour du fils prodigue à ce grand peuple qui
n'aspire qu'à unifier tous ses fils».
[...]
«C'est
une honte de faire des distinctions entre les Libanais sur des bases
confessionnelles. Nous nous sommes réunis sous la bannière nationale
et nous en sommes fiers sans aucune honte à ressentir devant le monde
entier».
[...]
«La
décision libre est de nous rencontrer entre libanais et par l'entente
sur la politique intérieure, la politique étrangère et celle de
défense, nous obtenons notre libre décision et cela ne peut se faire
que par l'entente des Libanais sur la politique intérieure, la
politique étrangère et la politique de défense du pays».
[...]
«Nous
comptons préserver nos amitiés et établir des liens d'amitié avec tout
le monde, à l'Est comme à l'Ouest, à condition que ceux-ci respectent
notre volonté nationale et nous laissent décider de nos questions
internes».
«Nous
considérons que tout appui au gouvernement Siniora de quelque État
qu'il vienne n'est point un soutien amical mais vise à provoquer des
confrontations au sein de la société et que le complot vise le Liban
et son unité nationale».
[...]
«Nous
souffrons aujourd'hui d'une marginalisation systématique et certaines
parties au pouvoir veulent provoquer une atmosphère de confrontation
que nous ne cherchons pas. Nous autres, nous sommes ouverts au
dialogue et nous cherchons toute accalmie qui nous conduirait à une
unité nationale où tous les libanais participeraient à l'élaboration
de ses décisions.
[...]».
(2)
Mais
déjà en janvier 1989,
lors de la rencontre à Tunis avec six ministres arabes, quand ces
derniers lui demandent quelles étaient ses intentions quant à ses
projets de réformes politiques à effectuer au Liban, le général
répond:
«Je
suis personnellement avec toutes les réformes auxquelles consentirait
librement le peuple libanais. Je ne suis pas ici pour représenter ou
remplacer une partie ou le tout du peuple libanais. Depuis 1972, il
n'y a pas eu d'élections au Liban. Assurons des élections libres au
Liban et nous aurons tous à nous plier au verdict populaire. Pour cela
deux conditions préalables, imposées par la nature de la situation sur
le terrain, sont à remplir. Il faut procéder au désarmement des
milices et au retrait de toutes les forces non-libanaises du
territoire libanais. L'armée pourrait s'apprêter à assurer la sécurité
sur tout le territoire libanais et une commission de l'ONU et de la
Ligue arabe pourra superviser le déroulement du scrutin. Si vous
pensez que je suis ici au nom des chrétiens libanais, détrompez-vous,
je ne porte pas ce mandat. Je suis le chef d'un gouvernement libanais
légal et constitutionnel, j'assume mes responsabilités et mon devoir».
Il est évident qu'après de telles déclarations, le général Aoun – pour
les ennemis du Liban: USA, Israël et Syrie – était désormais l'homme à
abattre. C'est quelqu'un qui leur met les bâtons dans les roues, leur
trouble-fête.
Durant la «Guerre de libération»
contre l'occupation syrienne, en 1989, quand désormais il était clair
que la Syrie, appuyée par la politique israélo-américaine (avec la
complicité de certains pays arabes, dont toujours l'Arabie Saoudite),
acheminait le Liban vers sa disparition et son anéantissement, le
général Aoun, dans un mélange de vérité amère et d'humour, expliqua
aux libanais la situation en ces termes:
«On
nous convoyait dans un cercueil vers notre dernière demeure. Et nous
avons soulevé le couvercle, leur criant que nous étions toujours
vivants».
Et d'ajouter: «Nous
comptons sur nous-mêmes uniquement. Nous sommes dans une situation de
légitime défense. Les forces syriennes occupent notre pays et nous
attaquent à l'intérieure de nos frontières. Nous combattons l'armée
syrienne sur notre territoire et pas en Syrie. C'est notre droit le
plus élémentaire».
Accuser aujourd'hui le général d'être un "prosyrien"?
Accuser aussi d'être "prosyrien"
le peuple qui le suit?
Le général Aoun est le seul homme politique libanais à avoir le plus
payé à cause de son combat acharné contre l'occupation syrienne, qui
prit fin en avril 2005.
Et il a subi 14 ans d'exil.
Et il est le seul, avec la majorité du peuple qui l'appuie, à payer
encore.
Pas à cause de la Syrie, qui désormais s'est retirée du Liban, mais à
cause des vieux vassaux de la Syrie: cette même minorité qui
aujourd'hui – illégitimement et anticonstitutionnellement, avec un
style typiquement mafieux – veut "gouverner"
contre une majorité du peuple libanais qui n'en veut pas.
4.
Qui est le Hezbollah?
Comme le déclare le député britannique George Galloway, le Hezbollah «n'est
pas une organisation terroriste, c'est Israël qui est un État
terroriste.
[...]
Le
Hezbollah fait partie de la résistance nationale du Liban et essaie de
repousser Israël – ayant repoussé avec succès la plupart des
israéliens de leurs terres en 2000 – du reste de leurs terres et de
reconquérir ces
[...]
prisonniers libanais qui ont été kidnappés par Israël selon les termes
de leur occupation illégale du Liban».
(3)
Qui
sont donc les hezbollahis?
Des résistants, qu'on veut surtout diaboliser à tout prix.
Pourquoi?
Pour ne pas avoir permis un retour glorieux de Tsahal en Israël l'été
2006.
Pour avoir résisté à la brutalité de l'armée israélienne.
Pour avoir peut-être déclenché le déclin du despotisme bush-olmertien.
Pour avoir enfin mis dans l'embarras cet État d'Israël édifié sur le
mensonge et le sang.
Rappelons, d'abord, que sous occupation étrangère les formations
paramilitaires de résistance et de libération ont toujours existé.
Qu'Israël nous épargne donc ses plaintes, puisque la formation
libanaise paramilitaire du Hezbollah a existé surtout et d'abord pour
faire résistance, sur sa propre terre, à l'occupation israélienne du
Liban en 1982, les chiites ayant souffert le plus – de toutes les
communautés libanaises – de cette occupation, payant le tribut le plus
lourd en vies de civils.
Et
puis, Israël même a connu
ce type d'organismes.
Sauf que ces organismes hébreux étaient illégaux et terroristes, vu
que le pays où ils ont eu naissance à l'époque n'était pas le leur, et
s'appelait Palestine. Et la Palestine, après la première guerre
mondiale, était sous mandat britannique.
En 1937 sont donc fondées les formations juives paramilitaires
clandestines: l'Irgoun (renommée pour ses actions terroristes à
l'époque, contre les palestiniens et les britanniques à la fois) et la
Haganah (qui, suite à la naissance de l'État d'Israël en 1948, formera
le noyau de l'armée israélienne).
La Haganah, avec à sa tête Ben Gourion, et l'Irgoun de Menahem Begin
se sont entretuées d'ailleurs, et de ces frères ennemis c'est la
Haganah qui l'a emporté sur l'Irgoun, dans le souci «d'unifier
le fusil»,
paraît-il.
Passer par le sang, comme toujours! Mais pour un "bien
commun"
pour juifs seulement, bien entendu.
C'est-à-dire chasser ou tuer les palestiniens, s'emparer de leur
terre, pour voir finalement naître l'État d'Israël.
Pour
en revenir au Hezbollah,
et pour les âmes agitées et anxieuses, rappelons aussi que «par
la voix du président de l'Union en exercice au 1 août 2006, l'Union
Européenne signale que le Hezbollah ne sera pas inscrit sur la liste
des organisations terroristes».
(4)
Le
Hezbollah est par contre considéré «terroriste»
par les États-Unis, Israël et leurs compères.
De toute manière, pour ces seigneurs, ou on est avec eux ou on est «terroriste».
Mais ce raisonnement si stupide n'a aucune valeur et est totalement
absurde: syllogisme sans prémisses.
L'ONU non plus ne classe pas le Hezbollah dans la liste des
organisations terroristes, même si le Conseil de sécurité appelle à
son désarmement.
(5)
Un
autre détail, juste une mise au point, pour rassurer les anxieux et
trouillards: Hezbollah déclare ne soutenir d'aucune façon Al-Qaïda et
ne rien avoir à faire avec ses trop suspects "complots
islamistes"
(ou israélo-américains?).
 
Sayyed Hassan Nasrallah, Secrétaire général du Hezbollah
Enfin, depuis qu'il a signé en février 2006
le Document d'entente avec le général Aoun, le Hezbollah travaille
pour un équilibre politique intérieur, prône l'entente et le dialogue
«sans
ingérence extérieure»
(c'est à dire sans aucun ordre à recevoir de la part de quiconque,
Syrie et Iran inclus), et son chef, sayyed Hassan Nasrallah, appelle
au dialogue et se prononce en faveur d'un gouvernement d'unité
nationale, ayant donc choisi en fin de compte une voie de droiture et
mettant en route, surtout grâce à l'entente avec le général Aoun et le
Courant patriotique libre, le processus de guérison des plaies du
Liban.
«Les
deux hommes
[Aoun et Nasrallah]
ont
affirmé que leur objectif est la souveraineté, la protection et
l'indépendance du Liban, ainsi que l'édification d'un État fort,
capable d'assurer le bien-être et la protection des citoyens, capable
d'assumer ses responsabilités, au lieu de jeter la faute sur les
autres. "Avec ce document", a insisté le général, "nous n'aurons plus
besoin de nous rendre auprès des différentes capitales étrangères, à
la recherche de solutions à nos problèmes"».
(6)
Durant l'agression israélienne contre le Liban
en juillet-août 2006, dans son discours du 3 août diffusé par la
chaîne Al-Manar, sayyed Nasrallah prononce une allocution dont voici
certains passages:
«Le
Liban a besoin aujourd'hui d'une volonté nationale qui rassemble, afin
que les sacrifices ne soient pas vains. Nous tenons à assurer cette
volonté et cette solidarité. Nous tenons, à cette étape, à ce que le
gouvernement soit puissant afin qu'il assume ses responsabilités
nationales en faveur du Liban et de son peuple. Nous tenons à
collaborer avec le gouvernement et tous les courants et forces
politiques pour présenter un Liban unifié et cohérent autour de ce qui
protège et assure ses intérêts nationaux. Et nous agissons sur cette
base
[...].
L'essentiel est que nous résistions pour être victorieux, si Dieu le
veut, et nous serons vainqueurs, si Dieu le veut.
[...]».
Et «je
confirme que la victoire sera pour tout le Liban, avec toutes ses
régions, ses confessions, ses courants et ses institutions officielles
et populaires, en premier lieu
[...].
La
victoire sera, pour les gens de la résistance et son public en
particulier, un puissant moteur pour l'amour et la concorde avec tous
les Libanais
[...]».
«Cette
victoire sera un catalyseur pour la reconstruction du Liban, plus beau
qu'il n'était, un Liban beau mais fort, un Liban beau mais digne.
Cette victoire sera un catalyseur pour l'unité et la complémentarité,
et non un facteur de domination et d'orgueil».
«Cette
victoire sera un puissant mobile pour concrétiser notre unité
nationale que notre peuple a réalisée ces jours-ci. Réalisée grâce aux
valeurs de Jésus, paix sur lui, et aux valeurs du messager de Dieu,
Muhammad, prières et paix sur lui. Les valeurs de l'entraide, de la
solidarité, de l'amitié, de la fraternité, de l'inquiétude partagée,
de la coopération et de l'amour que tous les gens ont manifestés
[...]».
«Nous
ne cherchons pas les querelles ni les inimités, nous sommes à la
recherche de l'unité, de la concorde, de la coopération et de la
solidarité, et tout ce que nous voulons est le bien et la dignité pour
notre patrie et notre nation, et pour ce but, nous dédions nos âmes et
notre sang, et c'est ce que nous possédons de plus cher».
L'intellectuel israélien Michel Warshawski
dit de Nasrallah: «J'écoute
avec beaucoup d'attention Nasrallah, et comme bien d'autres
commentateurs en Israël, je constate que ses discours sont
raisonnables et
[qu'il]
fait preuve d'une grande responsabilité. Tout le contraire de
l'occident, qui prétend être le rempart de la civilisation et dont par
contre transparaît une rhétorique fondamentaliste. On croirait
assister à un renversement des valeurs: le camp laïc qui s'abandonne
au fanatisme, et celui religieux qui, bien qu'il parte d'une
conception différente, fait tout pour ne pas prononcer des discours
confessionnels».
(7)
Et
Aoun, le 5 décembre 2006, interviewé par Frédéric Pons dans Valeurs
actuelles, déclare: «Le
Hezbollah est un mouvement de résistance contre l'occupation, un
partenaire libanais qui défendait le Sud pour le libérer.
[...]
J'ai
discuté avec Hassan Nasrallah. C'est un croyant, serein, déterminé,
mais pas fanatique».
Et à propos de l'"Axe
Damas-Téhéran",
le général répond: «[Il]
est le sous-produit de la politique produite par les États-Unis et
l'Europe. Mon seul axe est libanais».
(8)
Parmi les militants du Hezbollah il n'y a plus, comme au début du
mouvement, des pasdarans (ces volontaires iraniens qui arrivaient au
Liban en passant par la Syrie pour aider la formation des militants
chiites).
Les hezbollahis sont tous des libanais.
Ils ont leurs députés au parlement.
Et, selon la Constitution libanaise, la communauté chiite aussi doit
être équitablement représentée au Gouvernement.
C'est pour cette dernière raison, entre autres, que la démission
collective des ministres chiites (à cause de la violation et du refus
d'application de tous les accords pris au moment de la formation du
gouvernement Siniora) laisse en état d'inconstitutionnalité fla-grante
le désormais "pseudo-gouvernement"
Siniora.
Qui pourtant refuse de démissionner, fort de la protection mafieuse
des États-Unis et de celle des États complices.
Pour
ce qui est de sa présence militaire sur le terrain,
il reste au Hezbollah la dernière démarche souhaitable: que ses
combattants soient intégrés à l'Armée libanaise, avec tout l'honneur
qu'ils méritent.
Ce qui d'ailleurs ne pourra se faire que quand un gouvernement, une
présidence et un parlement du Liban auront rejoint les conditions
constitutionnelles, législatives et militaires nécessaires à prouver
leur volonté et leur capacité de défendre le pays contre n'importe
quelle menace extérieure, venant d'Israël ou de la Syrie
Aujourd'hui, vouloir désarmer le Hezbollah serait un acte de haute
trahison.
Parce que cela équivaudrait à garder le Liban sans défense face aux
menaces croissantes des israélo-américains et de leurs milices à
l'intérieur du Liban, le Hezbollah ayant assez prouvé l'été dernier –
et auparavant en mai 2000 – qu'il est actuellement la seule force au
Liban en mesure de repousser les agressions israéliennes et de
protéger militairement le pays.
On a attribué au Hezbollah des prises d'otages occidentaux entre 1985
et 1991.
Sa responsabilité n'a jamais été prouvée.
Quant aux actes de terrorisme qu'on lui attribue, il est intéressant
d'observer deux incidents qui ont eu lieu en Argentine: le 17 mars
1992 une bombe fait trente morts à l'ambassade israélienne
d'Argentine; le 18 juin 1994, un attentat fait quatre-vingt-sept morts
dans un centre communautaire juif.
L'État argentin a d'abord accusé formellement l'Iran et le Hezbollah
d'être impliqués, et plusieurs membres de la communauté chiite
argentine ont été arrêtés puis relâchés, faute de preuves.
La Cour suprême argentine jugea alors infondée la piste chiite, se
dirigeant plutôt vers une piste israélienne.
Les
États-Unis,
dans leur "chasse
à la sorcière terroriste islamiste"
et toujours en quête de preuves (qui peinent tellement à arriver!),
ont voulu «utiliser
le souvenir des attentats de Buenos Aires de 1992 et 1994 pour étoffer
leur dossier contre les musulmans chiites. La plupart des
encyclopédies continuent en effet à attribuer ces massacres au
Hezbollah ou à l'Iran. Mais ces accusations ont fait long feu, la
Justice argentine s'est orientée entre temps vers une piste
israélienne. Du coup, Washington fait pression pour geler une enquête
qui devient gênante. Pour étoffer ses accusations contre le "croissant
chiite"
(Iran, Syrie, Hezbollah libanais),
Washington a décidé de verser au dossier les attentats commis à Buenos
Aires au début des années 90. Il est en effet communément admis dans
les pays atlantistes qu'ils furent l'œuvre de terroristes musulmans».
«Or,
cette version des faits a été entre temps démentie par la Cour suprême
argentine qui s'est, au contraire, orientée vers une piste
israélienne. Une opération a donc été montée par les néo-conservateurs
pour renverser le cours des choses. À la suite d'une réunion qui s'est
tenue à Washington en mai 2006 et à laquelle ont participé deux hauts
magistrats de Buenos Aires, de fortes pressions ont été exercées à la
fois sur le gouvernement et sur la justice argentine. En réplique, un
groupe de citoyens argentins conduit par le docteur Oscar Abdura Bini
vient de porter plainte devant le Tribunal de Grande Instance de
Buenos Aires nommément contre l'American Jewish Committee et les
procureurs Nissman et Martinez Burgos pour entrave à la Justice
[...]».
En réalité «[...]
les
deux attentats auraient été commis par des agents israéliens pour
casser l'antisionisme de la communauté juive argentine»(!).
(9)
Tout
cela est bien étrange et très intéressant.
Un incident assez bizarre est signalé mercredi 9 août 2006, quand la
police aéronautique militaire, en Argentine (encore!), a arrêté un
important diplomate israélien qui transportait dans sa valise une
quantité considérable d'explosifs. Ce diplomate se dirigeait vers le
Chili et a été arrêté pendant qu'il montait sur l'avion. Excessivement
enragé et offensé, il lança à la police l'"horrible"
accusation: «Antisémites!».
(10)
«Le
cas du diplomate avec l'explosif
– commente Maurizio Blondet –
devient alarmant, surtout que "peu de semaines avant l'attaque
d'Israël en Palestine et au Liban, la DAIA [Delegación de Asociaciones
Israelitas Argentinas] et le Centre Wiesenthal ont commencé à émettre
des communiqués mettant en garde sur la possibilité d'un troisième
attentat en Argentine».
Et ce n'est pas la seule fois que des israéliens sont attrapés avec
leurs explosifs, en flagrant délit comme on dit, car le 6 août 2006
deux israéliens sont attrapés à Saint-Domingue en possession
d'appareillages militaires, incluant aussi des instruments pour la
localisation géographique des communications et pour la vision
nocturne.
(11)
Que
font donc ces globe trotters avec ces matériels explosifs ou
militaires, pris – à temps, des fois, heureusement! – en flagrant (et
non virtuel) délit?!
Pris réellement à temps et en flagrant délit, donc. Et non comme les
rafles habituelles de présumés terroristes et arrestations
préventives, comme souvent on entend à la télévision et on lit sur les
journaux: arrestations de personnes dont la grande majorité est par la
suite relâchée, faute de preuves.
Qui a parlé dans les journaux internationaux de ces israéliens arrêtés
en Argentine et à Saint-Domingue en août dernier?
Mais les médias et journalistes "embedded"
ont l'ordre de garder cela parmi les nouvelles occultes.
5.
Qui sont ceux-là qui se disent "anti-syriens", appuyés par l'Occident?
On
nous harcèle, sur tous les médias, que l'Occident appuie monsieur
Siniora et qu'il faut sauver son gouvernement!
Qui a dit que l'Occident actuel devrait, ou pourrait, être un modèle
pour nous?
Un Occident anti-chrétien, prêcheur de l'assassinat-avortement, de
l'assassinat-euthanasie, de la pédophilie, de l'adultère, des gay
pride. Un Occident modèle de la mort, de Sodome et Gomorrhe, défenseur
des pouvoirs «démonocratiques»
(«démonocratie»,
dont le pouvoir vient du mal, du démon).
Eh bien, cet Occident, nous, libanais, nous n'en voulons pas.
Pour nous, l'Occident remonte au temps où la chrétienté était son
identité: l'Occident des valeurs morales, civiques et culturelles qui
n'y sont plus.
L'Occident c'est d'abord l'Europe du temps glorieux des cathédrales.
Des saint Benoît, saint Dominique et saint François.
Des rois et des poètes qui s'inspiraient de Dieu. Des Charlemagne,
saint Louis et Isabelle la Catholique.
Quand l'Europe chrétienne et épique reviendra, alors oui, nous
adhérons.
Aujourd'hui l'Europe agonise. Il faut la sauver.
L'aider à se redresser. Et ne pas fléchir devant les avortons et les
adultérins des civilisations, à savoir les États-Unis, ce «pays
des enfants»,
comme le dit gentiment Jacques Brel.
Et qui sont donc ces Siniora et ce qui reste de ses ministres (6 ont
déjà démissionné et un a été assassiné) soutenus par l'Occident?
Revenons à l'assassinat de Rafic Hariri.
Pourquoi, deux ans après, l'affaire est encore enrobée de mystère?
Pourquoi la commission Mehlis n'est jamais arrivée au bout des
investigations?
Et pourquoi continue-t-elle à piétiner avec Brammertz, qui pourtant a
bien admis, à plusieurs reprises, que la Syrie coopère positivement à
l'enquête?
Pourquoi les tentatives (documentées!) de fabriquer de faux
témoignages d'accusation?
Pourquoi, dans ces conditions, mettre en marche un tribunal
international et l'imposer au Liban, sans discussions de ses clauses,
sans garantir le respect élémentaire de la souveraineté judiciaire du
Liban, sans même avoir encore juridiquement des accusés ni des preuves
(mais ayant déjà préalablement des "coupables":
ceux qui sont exigés par les mafias internationales "politiquement
correctes"
des agresseurs du Liban et de leurs complices libanais du "14
mars")?
Pourquoi «l'instauration
[par
le Conseil de sécurité de l'ONU]
d'un
tribunal spécial
[international]
dont
la compétence serait également extraordinaire»,
quand «dans
le cas libanais, il n'existe pas juridiquement parlant de crime
international à réprimer, et l'investigation en cours présente des
traits suffisamment inquiétants pour que l'on s'interroge sur une
instrumentalisation de la justice internationale»?
D'ailleurs, «Il
serait vain de masquer le caractère politique du Conseil de sécurité:
c'est ainsi que la Charte de l'ONU l'a conçu. Il jouit d'un pouvoir
discrétionnaire très étendu, et son action n'est guère contrôlée
juridiquement».
(12)
Les
mafias israélo-américaines – et leurs compères soi-disant
"majoritaires" du Liban – veulent donc avoir absolument "leur"
enquête et "leur"
tribunal, de peur qu'on arrive aux vrais coupables?
Comme le dit bien Jürgen Cain Külbel,
ancien enquêteur criminel de la RDA, l'enquête elle-même est «biaisée»,
elle est «un
acte criminel et prémédité»,
et «ne
mérite que les poubelles de la criminologie».
(13)
Mehlis avant ou Brammertz aujourd'hui auraient-ils osé investiguer sur
la piste des émetteurs de brouillage utilisés par Hariri pour équiper
ses voitures de convoi, émetteurs produits par l'entreprise
israélienne dont le directeur est Gil Israeli, ancien membre des
services secrets israéliens?
Auraient-ils osé investiguer sur les réseaux du Mossad qui sont
clairement impliqués dans des machinations criminelles et des
attentats terroristes, ayant été découverts en mai 2006 au Liban et
qui avaient semé la terreur par le moyen des voitures piégées et des
meurtres?
Une autre timide notice est sortie dimanche 3 décembre 2006 sur l'AGI
(Agenzia Giornalistica Italia) qui annonce quelques développements
concernant cet assassinat: «Selon
le journal tunisien pro gouvernemental Al Chourouk, qui utilise des
sources françaises, derrière l'assassinat il y aurait des acteurs
appartenant à la coalition du 14 mars».
(14)
Deux
pistes sciemment ignorées?
Mais tôt ou tard quelque vérité émergera.
A.
Qui était Rafic Hariri?
Qui
était-il?
Un homme, avant tout, qui avait troqué sa nationalité libanaise contre
celle saoudienne.
L'homme qui mit à genoux l'économie libanaise et qui fut la cause
d'émigration de centaines de milliers de libanais et la cause de tant
de pauvreté au Liban.
En moins de treize ans, Hariri a au moins sextuplé sa fortune (à sa
mort son héritage remontait à 17 milliards de dollars américains).
D'où lui vient toute cette fortune?
De quelle spoliation?
Comment expliquer le phénomène selon lequel les dettes du Liban
devaient atteindre et peut-être dépasser les 40 milliards de dollars,
tandis que parallèlement des fortunes immenses gonflaient les comptes
personnels de Hariri?
Hariri dirigeait l'État «comme
s'il s'agissait de sa propriété personnelle».
(15)
L'héritage que Hariri a laissé à l'économie libanaise et à chaque
foyer du Liban est d'une dureté écrasante.
Certes son assassinat reste un crime, et la pitié humaine et
chrétienne va à celui qui en a été la victime et à ses proches.
Assassiné peut-être, ou très vraisemblablement, par ceux-là mêmes sur
lesquels il croyait pouvoir s'appuyer.
Külbel dans son interview en fait une étude très intéressante, où se
trouvent impliqués à la fois Israël, les États-Unis et la France. La
France avec à sa tête le grand ami de Hariri: Chirac, qui est,
toujours selon Külbel, «non
seulement un partenaire de machinations étasuniennes dans le Levant,
mais il a même cherché activement à convaincre Bush de donner carte
blanche à la France dans son ancienne zone coloniale d'influence».
«Bien
évidemment»,
poursuit Külbel, «la
France est parmi les principaux responsables de la catastrophe qui a
frappé le Liban depuis la mort de Hariri».
(16)
Hariri était-il un "anti-syrien"?
Le
monde entier savait la façon dont Hafez Assad formait des
gouvernements et des ministres au Liban. C'était Assad qui les nommait
et les destituait selon le besoin.
Et Hariri a été nommé par Hafez Assad.
Et ne fut-ce pas Hariri à vouloir appeler «autoroute
Hafez Assad»
l'autoroute menant vers l'aéroport international de Beyrouth?
Et qui, sinon Hariri, a payé intégralement les frais de scolarité des
deux fils cadets du brigadier syrien (par la suite ministre syrien de
l'intérieur) Gazi Kanaan, qui ont fréquenté la George Washington
University?
Saurait-on un jour le montant des "cadeaux"
offerts aux politiciens libanais et étrangers, syriens en particulier,
que Rafic Hariri proposait sans cesse, dans le seul but d'utiliser son
argent pour conquérir et garder le pouvoir?
Après l'Accord de Taëf, à travers un industriel français, Rafic Hariri
propose au général Aoun le "cadeau"
de trente millions de dollars afin que celui-ci quitte son poste de
premier ministre et reconnaisse ce traité de trahison nationale du nom
de Taëf.
À quoi le général répondit, se débarrassant en ces termes de son hôte:
«Si
cet argent est pour moi, je ne vivrais pas assez longtemps pour le
dépenser. Si c'est pour vendre le pays, le prix est trop faible».
(17)
Juste par respect aux morts, je m'arrêterais là.
L'histoire suivra son cours!
B.
Qui sont Siniora, Saad Hariri, Geagea et Joumblatt?
Mais
c'est quand même incompréhensible, à l'égard de cette enquête «biaisée»,
que Saad Hariri, le fils de l'assassiné, semble préférer qu'on trouve
coûte que coûte des syriens comme responsables de l'assassinat de son
père, plutôt que de chercher dans toutes les pistes qui mènent aux
vrais coupables.
D'ailleurs Saad Hariri avait aussi d'autres soucis à régler,
semble-t-il, comme celui par exemple – selon ce que relate Külbel – de
la prime d'assurance: «Début
Juillet 2006, Sleiman Franjieh, président du parti libanais Marada, a
déclaré, au cours d'une interview transmise à la télévision, qu'on
avait exercé des pressions sur lui alors qu'il était ministre de
l'intérieur. Il devait dire que la bombe qui a tué Hariri avait été
placée sous terre, afin que la famille du défunt pût bénéficier de la
prime d'assurance».
Qu'en penser?
Pourtant quelle tragédie pour notre Liban qu'il ait eu à subir des
premiers ministres du calibre de Hariri et Siniora!
Et qui est Siniora?
Un premier ministre qui a peur de rencontrer les manifestants!
Politiquement, un cadavre qui subit l'acharnement thérapeutique pour
une réanimation désespérée. Il est déjà perdant. Et sera évincé et
abandonné par ceux-là mêmes qui l'appuient à présent, c'est-à-dire les
États-Unis, Israël et la France.
Avec lui, trois personnages surtout dégradent fortement la scène
politique libanaise: c'est-à-dire Saad Hariri, le sponsor richissime
des "bons
terroristes"
salafistes mercenaires, et deux criminels sanguinaires de la guerre
libanaise des années 80, à savoir Geagea et Joumblatt.
 
Les boss de l'«Axe de la tutelle israelo-américaine».
De gauche à droite: Samir Geagea, Fouad Siniora, Saad Hariri et Walid
Jumblatt
Le
premier est un fils à papa qui croit
– comme son père, d'ailleurs – qu'avec l'argent tout s'achète et tout
se vend: un pays, un gouvernement, des personnes, des votes... Saad
Hariri se pointe après la mort de son père et décide du jour au
lendemain de faire de la politique.
Dangereux à cause de son argent.
Grâce aux États-Unis et à Israël, il reçoit des armes au Liban. Contre
qui?
Les deux criminels Walid Joumblatt et Samir Geagea, selon le journal
al Chourouk et ses sources françaises, comme le relate l'AGI, ont
successivement encaissé 15 et 25 millions de dollars.
(18)
Ils
sont eux aussi actuellement armés par Israël et les États-Unis.
Contre qui?
Joumblatt se dit anti-syrien?
Mais n'était-ce pas lui qui en mars 1989 s'était allié à l'armée
syrienne d'occupation contre l'armée libanaise durant la bataille de
Souk et Gharb, bataille menée par le général Aoun? N'était-ce lui qui
fut obligé, bon gré mal gré, de faire partie du gouvernement Karameh –
alors qu'il avait essayé auparavant à y faire résistance – déclarant
sans honte: «Je
suis retourné malgré moi, sur insistance des frères syriens».
(19)
Sur
Joumblatt, Külbel aura une belle trouvaille: «Je
ne souhaite pas parler de Joumblatt, car je ne suis pas psychiatre».
(20)
Geagea est celui qui se dit chrétien maronite, mais qui a tout du mal.
Il est responsable de crimes innombrables.
Il est armé surtout par Israël: «Les
bandes de Geagea ont été fournies
[d'armes]
directement par Israël, pendant la guerre de l'année passée: pendant
des semaines, tandis que le reste du Liban était bombardé, les
hélicoptères israéliens atterrirent dans les zones contrôlées par
Geagea
[et sa milice, les Forces libanaises, qu'il serait bien plus exact
d'appeler «Forces
de trahison»!],
débarquant des armes. Aujourd'hui les armes pour les différentes
bandes arrivent directement dans des zones de l'aéroport
[de Beyrouth]
rendues inaccessibles à la sécurité libanaise. L'objectif commun de
l'assassin psychopathe Geagea, du mafieux richissime Saadeddine Hariri
et du druze Walid Joumblatt est d'essayer d'amorcer, comme en Iraq, un
processus de "guerres de milices" au Liban. Alors arriveraient les
"pacificateurs" américains, à faire le reste».
(21)
Geagea est anti-syrien?
Mais qui trinquait durant la bataille de Souk el Gharb pour la ruine
de Michel Aoun pendant sa guerre contre l'occupation syrienne
(témoignage direct de Cheikh Farid Hamadeh, grand et honnête notable
druze libanais)?
Et comment un
"anti-syrien"
eut-il à combattre farouchement contre le seul à avoir mené la guerre
de libération contre l'occupation syrienne, à savoir le général Aoun?
Que fit en effet Geagea?
Il dirigea les canons de sa milice contre les populations civiles
libanaises qui résistaient aux côtés du général et combattaient contre
les forces syriennes.
Alors, encore une fois, Hariri, Joumblatt et Geagea contre quoi et
contre qui s'arment-ils?
Contre le Liban. Parce qu'ils n'aiment pas le Liban.
«Aime,
et fais ce que tu veux»,
dit Saint Augustin.
Malheureusement, pour ceux qui n'aiment pas et font beaucoup de
dégâts, l'histoire se répète: ils finiront mal, très mal.
6.
Qui profite d'un Liban toujours en guerre?
En
premier, Israël tire toujours profit du chaos libanais. D'ailleurs,
comme l'explique Klaus von Raussendorf dans son article du 27 octobre
2006
(22),
les douleurs de l'enfantement d'un Nouveau Moyen-Orient, nouvelle
stratégie de la politique usraélienne, visant à remodeler la région en
question, n'aurait pas pour nom de code «Chaos
créatif»?
Et qu'est-ce que le «Chaos
créatif»?
Le démantèlement de plusieurs pays du Moyen-Orient en plusieurs
mini-États, et pour y réussir il faut d'abord y instaurer le désordre
nécessaire, le climat de confusion adéquat pour une situation de
conflit et de division. Et le Liban, selon la nouvelle stratégie des
tyrans usraéliens – nouvelle, mais fidèle aux vieux plans israéliens,
dont celui d'Oded Yinon
(23)
– le Liban donc devrait être divisé comme la vieille Yougoslavie,
comme on tente de le faire depuis 2003 en Irak. Et l'annonce tapageuse
d'une guerre contre l'Iran devrait aboutir au même résultat,
c'est-à-dire au démembrement du pays.
Et il en serait de même pour d'autres pays de la région, sans en
épargner aucun, même ceux-là qui se croient à l'abri de la tempête (je
pense surtout à l'Arabie Saoudite, la Jordanie et l'Égypte).
En août 2006 le Conseil mondial des Églises a déclaré, au retour d'une
délégation qui avait visité Beyrouth et Jérusalem: «L'agression
israélienne contre le Liban était déjà planifiée avant même que le
Hezbollah ne procède à la moindre attaque. Elle avait pour but d'
enfoncer un coin de discorde entre les différentes confessions
religieuses qui cohabitent en harmonie dans ce pays
[...].
Nous
rentrons du Liban en partageant l'impression que cette destruction a
été planifiée. Et que même si l'opération du Hezbollah a servi de
détonateur, il s'agissait d'une opération qui n'attendait plus qu'un
feu vert
[...].
Les
représentants des différentes communautés du Liban que nous avons
rencontrés ont été unanimes à dire que la destruction du Liban était à
la fois délibérée et planifiée».
(24)
La
commission d'enquête israélienne
dirigée par le juge Eliyahu Winograd a bel et bien confirmé récemment
la thèse de la planification de longue date de l'agression israélienne
contre le Liban.
Entre parenthèses, cette commission d'enquête nous a été de grande
utilité, à nous libanais: d'abord, Israël a reconnu sa défaite contre
nous, donc la victoire de la résistance libanaise, à savoir la
victoire du Hezbollah et de tous les libanais, qui ont soutenu le
Hezbollah et qui jusqu'aujourd'hui refusent d'abandonner leur pays; et
deuxièmement, Israël a reconnu, de la bouche même d'Olmert, d'avoir
organisé la guerre et donc d'avoir comploté (pour la énième fois)
contre le Liban.
(25)
Au Liban donc, aujourd'hui, ce que l'invasion israélienne de l'été
dernier n'a pas réussi à réaliser, c'est-à-dire la fin irrévocable du
Liban, des vétérans du crime et des massacres, les Samir Geagea et
Walid Joumblatt, marionnettes actuelles des usraéliens, feront
l'impossible pour y réussir, à savoir causer des troubles tels à faire
sauter le pays: assassinats, voitures piégées et autres.
La longue expérience de Geagea et Joumblatt en matière de crimes, a
fait qu'on les ait choisis à eux précisément pour les futures guerres
du Liban.
C'est l'ensemble de leurs compétences en provocations de bains de sang
qu'ils mettent au service des ennemis du Liban. Leurs crimes mafieux
leur ont donné la notoriété de parfaits Judas de l'heure.
La tactique?
Provoquer des guerres à l'intérieur du pays, guerres appelées tour à
tour «guerres
civiles»,
«guerres
confessionnelles»,
ou «guerres
fratricides».
Saad Hariri se chargera de sa "guerre
sunnite"
contre les chiites, par le biais entre autres de l'argent saoudien, se
servant des terroristes de Fatah al-Islam.
Enfin, sur le quotidien israélien Yedioth Aharonot
du 5 octobre 2006 on relate une déclaration de Bush que voici: «Il
n'y a aucune raison de discuter maintenant avec les syriens. Le
président Assad sait parfaitement ce qu'il a à faire s'il veut jouer
un rôle positif».
(26)
Question: Qu'a-t-il le président Assad à faire pour jouer un «rôle
positif»?
Et ce «rôle
positif»
pourrait-il être négatif pour le Liban, comme en 1990? Car tant que la
Syrie n'envisage pas la démarche – finalement positive et
intelligente! – de reconnaître la souveraineté du Liban et ses
frontières, établir des rapports diplomatiques et relâcher les
prisonniers libanais qu'elle détient dans ses prisons, on ne saurait
percevoir et comprendre le «rôle
positif»
de la Syrie.
Sinon, de quel «rôle
positif»
parlerait Bush?
Est-il possible que la Syrie – que l'administration américaine classe
dans l'«Axe du mal», que le monde occidental considère comme pays «terroriste»
– eh bien, est-il possible que la Syrie, par quel tour de magie,
redevienne une «alliée»
ou «partenaire»
considérable des États-Unis?
Malheureusement l'invasion syrienne d'octobre 1990 nous le confirme:
afin de pouvoir envahir tranquillement l'Irak en janvier 1991, le
Liban a été fait cadeau par les États-Unis à la Syrie, et l'invasion
et les massacres du 13 octobre 1990 eurent lieu. Pour servir les
intérêts nationaux et la sécurité d'Israël, l'administration
américaine serait prête à tout pacte, peut-être même jusqu'à refaire
cadeau du Liban à la Syrie.
7.
Comment sortir du gouffre?
Il
se peut que le Liban trouve fin à ses malheurs parallèlement à des
conjonctures géopolitiques régionales et internationales qui fassent
arriver le moment propice pour une libération sérieuse.
À condition bien sûr que d'ici là:
A. le Liban sache résister indomptablement à la trahison, exercée par
le gouvernement anticonstitutionnel et illégal de
Siniora-Hariri-Feltman-Welch
(27)
et par le clan qu'on peut très bien appeler "la
clique du 14 mars",
dont Geagea et Joumblatt;
B. et que le peuple libanais – autour et sous la conduite de ses deux
chefs, le général Michel Aoun et sayyed Hassan Nasrallah, qui guident
sa résistance et sa marche vers la reconquête – regagne réellement le
terrain en chassant les traîtres des lieux institutionnels qu'ils
usurpent aujourd'hui, les traînant aux tribunaux pour tous leurs
crimes et leur haute trahison.
Les libanais se trouvent face à la «guerre
des traîtres»
qui veulent les étouffer et décider, sans leur concours, à leur triste
sort de vendus et soumis à la tutelle de leurs ennemis.
Mais
un ensemble de mutations seraient
en train de subvertir le scénario global prévu par l'"empire"
américain.
À savoir:
A. L'engouffrement de la politique américaine dans le bourbier de sa
guerre contre l'Irak.
B. L'écroulement du mythe de l'invincibilité d'Israël, suite à la «victoire
divine»
du Hezbollah et du Liban en juillet-août 2006.
C. La reprise en force de la Russie sur la scène géopolitique,
économique et militaire, qui reconquiert progressivement son rôle de
grande puissance mondiale, barrant la route aux rêves d'unipolarité
triomphante et absolue des États-Unis.
D. L'émergence de la Chine en tant que pôle mondial ultérieur de
puissance.
8.
Le dernier grain de sable
Et
voici le dernier grain de sable (récompense peut-être à quelques
derniers grains de nos chapelets?), qui vient entraver la machine de
l'agression: le scandale publiquement dévoilé de cette fâcheuse
administration Bush et de ses compères libanais de l'«Axe
de la tutelle israélo-américaine»
– les Hariri-Geagea-Joumblatt-Siniora – qui ont recruté, financé et
armé leurs "bons"
terroristes mercenaires du Fatah al-Islam.
Trois textes en particulier, parmi bien d'autres, donnent les premiers
éléments nécessaires:
A. l'interview récente de Seymour Hersh à la CNN, transcrite dans
l'article de David EDWARDS et Muriel KANE, L'Administration Bush a
organisé le soutien aux militants attaquant le Liban, du 22 mai 2007;
(28)
B. l'article de Franklin LAMB, Les dessous de la crise libanaise, du
24 mai;
(29)
C. et l'article de NIDAL, Les Hariri financent "Al-Qaïda",
mais c'est pour la bonne cause, également du 24 mai.
(30)
Mais d'autres éléments, relatés par l'hebdomadaire libanais L'Hebdo
Magazine du 16 février 2007, donnaient déjà des éclaircissements d'une
extrême importance, quant au sponsorat du Courant du futur de Saad
Hariri au groupe terroriste du Fatah al-Islam et à l'organisation de
ce que Saad Hariri appelle discrètement sa «sécurité».
Bien avant, donc, qu'on ait entendu parler de Fatah al-Islam et bien
avant le début des accrochages du 20 mai dernier à Nahr el-Bared
contre l'armée libanaise.
Voici ce que relate donc L'Hebdo Magazine:
«[...]
Le
député Saad Hariri et ses conseillers ont réussi à accomplir une
avancée de taille, dans la mise en place d'une structure regroupant
partisans et sympathisants du Courant du futur
[...].
La source du Courant du futur qui rapporte toutes ces informations,
reconnaît l'attribution d'une fonction à l'ex-islamiste Kanaan Naji et
à l'officier dissident
[...]
Ahmed el-Khatib, chargés tous deux des questions sécuritaires. Kanaan
Naji aurait déjà mobilisé quelque 200 palestiniens qui ont créé
l'organisation Fatah al-Islam après s'être séparé du mouvement
Fatah-Intifada dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, en décembre
passé».
(31)
 
Sayyed Hassan Nasrallah et le général Michel Aoun
Or,
si le Fatah al-Islam
– comme le prétendent tous les mass média politiquement corrects et
serviles des israélo-américains – n'est qu'une branche d'Al-Qaïda, où
et dans quel rôle placerait-on Saad Hariri, pilier du "14
mars"
et du gouvernement Siniora-Feltman, chouchou des "États-Unis-d'Israël"?
Dans le rôle de trait d'union entre Usraël-CIA-Mossad et Al-Qaïda?
Pour "soutenir"
le Liban et le "démocratiser"?
Quand l'agresseur se trouve à son tour en difficulté, l'agressé
commence à espérer de s'en débarrasser.
C'est un concours de circonstances qui a mis terme à l'occupation
ottomane du Liban suite à la défaite de la Turquie dans la première
guerre mondiale.
Un concours de circonstances qui a mis terme en 2005 à l'occupation
syrienne du Liban.
Ce sera probablement aussi un concours de circonstances qui aidera le
Liban à délier ou trancher tous les noeuds gordiens qui prétendent
aujourd'hui l'étrangler.
Aujourd'hui au Liban on s'attend à l'éruption du volcan qui ne s'est
pas éteint.
Israël bat le tambour de la guerre, car il ne veut pas reconnaître et
accepter sa défaite de l'été 2006.
Les terroristes de Fatah al-Islam (terroristes "mercenaires" de
plusieurs nationalités de prédominance arabe) provoquent la
belligérance avec l'armée libanaise à Tripoli, capitale du Liban du
nord, dans le camp palestinien de Nahr el-Bared.
Et les islamistes palestiniens infiltrés, armés et entraînés par les
israélo-américains, resteraient-ils à l'écart?
Ou bien, épaulés par Jound al-Cham (ou Jound el-Sitt) – un autre des
groupes terroristes mercenaires organisés et financés par le Mouvement
du futur de Saad Hariri et par Bahia Hariri, tante de Saad et soeur de
Rafic
(32)
– prendraient-ils part aux événements, ouvrant le feu aussi au sud, à
partir de Aïn el-Hilweh (camp de réfugiés palestiniens près de Sidon)?
Tous complices dans le projet d'affaiblir l'armée libanaise,
d'impliquer dans les conflits internes le Hezbollah et de faciliter
ainsi l'entrée en scène de l'armée israélienne et/ou américaine, dans
des futures expéditions offensives – ou "protectives"
– contre le Liban.
Conflits, troubles, boucheries.
Comme d'habitude, les seuls pris entre deux feux seront toujours les
libanais qui devront encore et encore se battre pour leur liberté et
la paix.
Que Dieu nous aide.
Qu'Il envoie encore ici-bas, à notre peuple, de véritables pasteurs.
Ceux d'aujourd'hui ont démissionné, bien de hauts prélats à leur tête.
Qui sait ce qu'ils valent encore, mais il est certain qu'ils sont trop
souvent à la portée de toutes les bourses.
Que Dieu jette un regard sur notre peuple qui L'appelle, Le prie et
L'implore.
Qu'Il ne l'abandonne pas.
Qu'Il veille sur le Liban.
Le calvaire a duré long.
Notre peuple s'est toujours soumis à la volonté de Dieu.
Qu'Il tende encore la main à son secours.
Dans notre sanctuaire marial à Harissa, Notre-Dame du Liban, même très
tard, même après minuit, même à l'aube, on trouve à toute heure une
foule qui prie et qui entonne les beaux chants dédiés à Marie,
prononçant haut et fort les louanges qu'il est si doux de Lui
adresser.
Nous refusons de trahir notre foi, notre terre, nos héritages.
Nous refusons de déserter.
Nous refusons de désespérer.
Le ciel est toujours favorable aux peuples qui aiment la lumière. Et
la cherchent.
Jacqueline Amidi
Beyrouth
Note
1)
Le diable (ça va!), Chanson de Jacques Brel, 1953.
2) Discours du général Michel Aoun à l'occasion du soulèvement
populaire, in tayyar.org, 1-3-2006:
http://www.tayyar.org/tayyar/articles.php?article_id=21611&type=GMA.
3)
Interview du député britannique G. Galloway sur Israël, l'Irak, les
États-Unis, le Liban, 6-8-2006, in Babnet.net, 11-8-2006:
http://www.babnet.net/rttdetail-8521.asp.
4)
Reuters, EU No intent yet to add Hizbollah to terror list, in Reuters
AlertNet, 1-8-2006:
www.alertnet.org/thenews/newsdesk/BRU004839.htm.
5)
La Résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU de septembre 2004
demande entre autres «que
toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et
désarmées».
On entend évidemment par «non
libanaises»
les palestiniens, qui n'ont nullement ni dissout leur milice ni se
sont désarmés. Sayyed Hassan Nasrallah par contre, signant avec le
général Aoun (le 6 février 2006, dans la crypte de l'Église Saint
Michel, dans le quartier de Chiyah) le Document d'entente, a
parfaitement délibéré de remettre – dans les conditions qui seraient
précisées avec l'adoption, de la part du gouvernement, d'une efficace
politique de défense nationale qui sache assurer la protection du pays
contre toute agression étrangère, protection et défense jusqu'ici
abandonnée à l'initiative de particuliers – ses armes à l'État
libanais.
Voir le Document d'Entente Mutuelle entre le Hezbollah et le Courant
Patriotique Libre, Beyrouth, 6 février 2006:
www.tayyar.org/files/documents/cpl_hezbollah.pdf.
6)
Scarlett HADDAD, Aoun et Nasrallah: Un document souverainiste et une
vision commune du Liban, Conférence de presse conjointe des dirigeants
du CPL et du Hezbollah à l'église Mar Mikhaël, in L'Orient - Le Jour,
7-2-2006):
www.lorientlejour.com/page.aspx?page=article&id=305401.
7)
Michel WARSHAWSKI, La pace ha perso. Vi spiego perché [La paix a
perdu. Je vous explique pourquoi], Entretien recueilli par Geraldina
Colotti, in Il Manifesto, 15-8-2006.
8)
Général Aoun: «Il
faut en revenir au peuple»,
Interview recueilli par Frédéric Pons, in Valeurs Actuelles,
5-12-2006.
9)
Thierry MEYSSAN, La justice argentine a écarté la piste islamique.
Washington veut réécrire les attentats de Buenos-Aires, in
Voltairenet, 13 juillet 2006:
http://www.voltairenet.org/article141896.html.
10)
L'incident est relaté par Maurizio BLONDET, Il Corriere non lo dice (e
neppure l'Unità)... Cartolina da Buenos Aires, in effedieffe.com,
29-8-2006:
http://www.effedieffe.com/rx.php?id=1400%20&chiave=Buenos%20Aires.
11)
«Israelis
arrested in Samaná are taken to Dominican capital»,
in Dominican Today, 14 août 2006:
http://www.dominicantoday.com/app/article.aspx?id=16370.
12)
Géraud DE GEOUFFRE DE LA PRADELLE, Antoine KORKMAZ, Rafaëlle MAISON,
Douteuse instrumentalisation de la justice internationale au Liban, in
Le Monde diplomatique, avril 2007, pp. 18-19:
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/DE_LA_PRADELLE/14595.
13)
Jürgen Cain KÜLBEL, Attentat contre Rafic Hariri: Une enquête
biaisée?, in Volteirenet, 15 septembre 2006:
http://www.voltairenet.org/article143440.html.
14)
Libano, assassinio Hariri. Possibili sviluppi, in AGI, 3-12-2006,
19h50.
15)
Jürgen Cain KÜLBEL, article cité.
16)
Ibidem.
17)
Abdallah BOU HABIB, Le feu orange, pp. 176-177. Abdallah Bou Habib
était, à l'époque, ambassadeur du Liban à Washington.
18)
Libano, assassinio Hariri. Possibili sviluppi, in AGI, 3-12-2006,
19h50, cité.
19)
Elias Hraoui, Le retour de la République. Des mini-États à l'État, Dar
an-Nahar, Beyrouth, 2001, p. 292.
20)
Jürgen Cain KÜLBEL, article cité.
21) Agostino SANFRATELLO et Maurizio BLONDET, Libano. È sempre il
piano Kivunim, in effedieffe, 23-5-2007:
http://www.effedieffe.com/interventizeta.php?id=2000¶metro=esteri.
22)
Klaus VON RAUSSENDORF, Neues vom «Neuen Mittleren Osten». Condoleezza
Rice und das «kreative
Chaos»
an mehreren Fronten, in Berliner Umschau, 27 oktober 2006:
http://www.berlinerumschau.com/index.php?set_language=de&cccpage=27102006ArtikelPolitik3.
Traduction française in Tlaxcala, 27-10-2006:
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1457&lg=fr.
23)
Oded YINON, A strategy for Israel in the nineteen eighties (en
hébreu), in Kivunim [Orientations - Directives], A Journal for judaism
and zionism, [Jérusalem], n° 14, février 1982. Le texte d'Oded Yinon –
traduit de l'hébreu en anglais par Israel Shah, intitulé par lui The
zionist plan for the Middle-East et accompagné d'une Préface et d'une
Conclusion du même Shahak – est accessible on-line in Alabaster's
archive, à l'adresse:
www.geocities.com/alabasters_archive/zionist_plan.html.
24)
Eliane ENGELER, World council of churches: Israel planned to destroy
Lebanon, in The Jerusalem Post, 17-8-2006:
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1154525888240&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull.
Traduction française par Marcel Charbonnier, in Tlaxcala, 18-8-2006:
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=938&lg=fr.
25)
À cet égard, sont significatives les déclarations aussi du général
Kaplinsky, numéro deux de Tsahal, rendues à L'Arche, mensuel du
judaïsme français. Kaplinsky affirme donc être bien conscient – cinq
mois avant le 12 juillet 2006!, jour du déclenchement de l'agression
israélienne – du fait que le Hezbollah aurait fourni le "prétexte",
puisque afin d'obtenir la libération des otages libanais détenus par
Israël, il aurait encore effectué des tentatives de capturer des
soldats israéliens dans le but de les échanger avec les libanais
prisonniers. Ce «qui
ôte toute idée de surprise quant à l'opération Hezbollah du 12 juillet
2006»
(Béatrice PATRIE et Emmanuel ESPAÑOL, Qui veut détruire le Liban?,
Actes Sud - Sindbad, Arles, [mars] 2007, pp. 139-140).
26)
Klaus VON RAUSSENDORF, article cité.
27)
Jeffrey Feltman, ambassadeur des États-Unis au Liban. David Welch,
secrétaire d'État adjoint américain pour le Proche-Orient.
C'est Welch, à l'occasion de sa dernière visite au Liban, du mardi 15
au jeudi 17 mai 2007 (au cours de laquelle il a "convoqué"
directement à l'ambassade américaine, pour leur dicter les exigences
usraéliennes, les députés soi-disant "majoritaires"
et les membres du soi-disant "gouvernement"
Siniora, c'est à dire l'«Axe
anti-libanais»,
ou «Axe
de la tutelle israélo-américaine»).
Et c'est Welch qui aurait alors «dopé»
(L'Orient - Le jours, 18-5-2007) tous ces "loyalistes
de l'ennemi"
et donné le feu vert à l'agression intérieure de Fatah al-Islam du
dimanche 20 mai 2007 (agression qui ne s'est pas encore arrêtée),
comme prélude aux rounds successifs d'agressions intérieures et
extérieures.
28)
David EDWARDS and Muriel KANE, Hersh: Bush administration arranged
support for militants attacking Lebanon, in The raw story, tuesday may
22, 2007 (with video Hersh-CNN):
http://rawstory.com/news/2007/Hersh_Bush_arranged_support_for_militants_0522.html
Traduction française: David EDWARDS and Muriel KANE, L'Administration
Bush a organisé le soutien aux militants attaquant le Liban, in Contre
Info, jeudi 24 mai 2007:
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1013&var_recherche=Hersh
29)
Franklin LAMB, Who's behind the fighting in North Lebanon?, in
CounterPunch, may 24, 2007:
http://www.counterpunch.org/lamb05242007.html. Traduction
française: Franklin LAMB, Les dessous de la crise libanaise, in Contre
Info, vendredi 25-5-2007:
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1024.
30)
NIDAL, Les Hariri financent "al-Qaëda",
mais c'est pour la bonne cause, in Loubnan ya Loubnan, 24-5-2007:
http://tokborni.blogspot.com/2007/05/voir-beyrouth-et-vomir.html.
31)
L'Hebdo Magazine, Beyrouth, n° 2571, 16 février 2007, p. 11.
32)
Franklin LAMB, article cité.
|